La Réunion

La Réunion est une île de l’Ouest de l’océan Indien dans l’hémisphère sud et un département d’outre-mer français depuis 1946. Il s’agit d’une île volcanique créée par un point chaud et culminant à 3 071 m au piton des Neiges. Le piton de la Fournaise, situé dans le Sud-Est de l’île, est un des volcans les plus actifs du monde. La formation volcanique a entrainé la formation de cirques géologiques : le cirque de Mafate, le cirque de Cilaos et le cirque de Salarie. Elle bénéficie d’un climat tropical. La Réunion a été habitée à compter du milieu du XVIIe siècle. Nommée île Mascarin, puis île Bourbon, elle devient, à partir des années 1710, une colonie française. Les colons développent la culture du café, puis de la canne à sucre en faisant de l’esclavagisme. Elle devient l’île de la Réunion en 1848 alors que l’esclavage est aboli, remplacé jusque dans les années 1930 par l’engagisme. Cette pratique entraine une immigration de main d’oeuvre à bas cout (coolies).La population locale se caractérise par ses origines variées: européenne, ouest-africaine, est-africaines, malgaches, indiennes, annamites, malaises et chinoises. Cette diversité caractérise la culture réunionnaise, sa langue, le créole réunionnais, sa cuisine, sa musique (séga, maloya)

NOURRITURE LITTÉRAIRE

Sudel Fuma

Auteur associé
Sudel Fuma (1930 – 1981)
Essai historique

La révolte des oreilles coupées
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Dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la révolte des esclaves de Saint-Leu en 1811, cet ouvrage revient sur une page du passé de résistance des esclaves réunionnais qui refusent l’asservissement, une page d’histoire oubliée de La Réunion. L’ouvrage de Sudel Fuma propose un éclairage nouveau sur ces questions qui ont peu été abordées par les historiens des 19ème et 20ème siècles. Il reconstitue, à partir de faits historiques et de sa propre inspiration nourrie par 30 ans de recherches universitaires, le parcours des esclaves de Saint-Leu, leur environnement, leurs doutes et leurs souffrances…

“L’histoire de l’esclavage, l’histoire du marronnage, c’est l’histoire du silence, estime Sudel Fuma, arrière-petit-fils d’esclave qui a aussi retrouvé dans son arbre généalogique un chasseur de marrons. Jusqu’à une période récente, le sujet était tabou.” Le maloya, la musique des esclaves, est resté interdit dans l’île jusqu’en 1981. Enfant, Sudel Fuma ignorait donc tout de ce passé évincé. “Je suis Français de nationalité mais je regarde mon épiderme et je sais qu’il y a une autre histoire en moi. A l’université, j’ai eu soif de la connaître.”

Bekepabeke

Auteur associé
Sully Andoche (1930 – 1981)
Conte

Béképabéké
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Le rakontaz zistoir est une forme de la pratique des contes et légendes spécifique à l’île de la Réunion, en lien avec son peuplement dès la fin du XVIIe siècle par des arrivants de divers statuts et diverses origines géographiques, qui ont créé et utilisé la langue créole.

— Hé ! béké pas béké ? Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de pêche, je vous explique : chez nous, on dit « béké » lorsqu’un poisson accroche son bec à l’hameçon. Comment ? Un poisson n’a pas de bec ? On voit que vous ne connaissez rien à la pêche et encore moins aux histoires créoles. — Hé ! béké pas béké ? A la longue, vous avez deviné qu’il a hérité du surnom de Béképabéké. (…) “au mois de janvier. Sans vous, sans vous, ô femme. C’est un cari bichique sans rougail mangue. Sans vous, sans vous, ô femme. C’est un cari poisson rouge sans gingembre» Béképabéké venait de rencontrer une ? Une ?…une Sirène.

 

NOURRITURE CULINAIRE

far-breton-drapeau-gateau

Le Cari poisson | Dessert

Recette présentée par Emmanuelle Grondin-Perouma

INGRÉDIENTS:

  • Un poisson rouge ou 4 ou 5 darnes de tout autre poisson à chair ferme (thon, espadon…)
  • 5 oignons rouges
  • 8 tomates
  • 1/2 tête d’ail
  • 1 morceau de gingembre
  • 1 morceau de combava d’environ 5 cm
    (Le combava est sorte de petite lime verte. Dans la cuisine Réunionnaise seule la peau du combava est utilisée pour parfumer les plats- existe au “Marché du monde”)/li>
  • oignons verts ou ciboulette
  • 2 branches de thym
  • 1 cuill. A café de curcuma
  • sel
  • 1huile de cuisson

 

PRÉPARATION (20 minutes de préparation)

Émincez les oignons et les tomates en fines lamelles. Épluchez l’ail.Écrasez l’ail avec le gingembre et un peu de sel dans un pilon (sorte de mortier utilisé à la Réunion pour broyer les épices). Dans une grande marmite faites chauffer à feu moyen 2 cuillères à soupe d’huile. Une fois l’huile chaude ajoutez l’ail et le gingembre écrasés. Remuez de temps à autre jusqu’à ce que la préparation roussissent (en créole réunionnais le verbe roussir veut dire cuire de façon à ce que la préparation prenne une couleur rousse orangée).
Ajoutez les oignons , remuez de temps à autre jusqu’à ce que les oignons deviennent translucides et dorés.
Incorporez les tomates , le thym, le curcuma et le combava et laissez mijoter jusqu’à ce que les tomates aient fondues (en créole Réunionnais la fin de cette étape constitue ce qu’on appelle communément la sauce de cari  et est la base de presque tous les plats Réunionnais)
Ajoutez délicatement les morceaux de poisson. Bien remuer et répartir la sauce en utilisant les anses de la marmite et non une cuillère pour ne pas décharner le poisson.
Couvrez et laissez cuire le poisson quelques minutes afin qu’il rende son eau.
Rajoutez de l’eau jusqu’à mi hauteur du poisson. Laissez cuire environ 8 à 10 min à feu doux.
Rectifiez l’assaisonnement si besoin.
Disposez délicatement le cari dans un plat de service et parsemez d’oignons verts.
Le cari de poisson est toujours accompagné de riz blanc et de rougail (mélange acidulé de citron ou mangue, de piments et d’oignons).

https://www.recettes.qc.ca/outils/page/conversions

Anecdotes
“Je me souviens, du son du pilon de ma grand-mère, Ghislaine Rivière. Le rythme régulier de la roche lisse dans ses mains écrasant l’ail, le gingembre. Ce pilon en pierre de rivière… Le pilon que mon grand-père, Tiber, lui avait offert pour leur mariage quand elle avait 17 ans. Le pilon qu’il lui avait taillé, mon grand-père tailleur de pierre, avec son bras unique d’homme hémiplégique. Avec son amour unique qui a duré toute leur vie. A la fin de la vie de ma grand-mère, le pilon était creusé jusqu’au socle, creusé profond comme leur relation. Notre famille était solide et belle comme les pierres de rivière, comme le coeur de ma grand-mère rivière, taillées par mon grand-père. Comme la ténacité de ma grand-mère qui pendant les famines de la seconde guerre mondiale a toujours combattu pour qu’aucun de ses enfants ne meurent de faim. L’île isolée de tout alors, elle a travaillé fort, mangé peu, offert tant, ma grand-mère. C’est dans ce mélange d’amour, de rivière, de détermination et de pierres, que nous sommes forgés, nous ces descendants. Je me souviens de nos repas autour de la table jamais vide de la cuisine de ma grand-mère. Chaleur hospitalière, rires convaincues, puissance têtus de la maison. Puissance unique de la Réunion.”  Récit d’Emmanuelle Grondin-Perouma. Poétisé par Elise Argouarc’h